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    Fév

    Et si le silence n’était pas d’or…

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    Source : Le Courrier de l’Ouest

    « Tout devient silencieux », c’est le titre d’un documentaire en projet après les derniers Ateliers d’Angers.

    Le silence est d’or et la parole est d’argent. Vite dit, surtout quand il est question du petit monde des abeilles ! Trois jeunes réalisateurs tirent la sonnette d’alarme sur le sujet. Pour ne pas justement que s’installe un silence de mort… à jamais.

    Amandine Marty, Simon Jourdan et Corneliu Dragomirescu se sont rencontrés aux derniers Ateliers d’Angers, initiative lancée voilà quelques années déjà par Jeanne Moreau dans le sillage du festival de cinéma « Premiers Plans ». Notre trio, constitué spécialement pour l’occasion, a tourné et réalisé en cinq jours, dans le cadre de ces Ateliers, un premier court-métrage de 12 minutes, sous la houlette du réalisateur Xavier Liébard. Son titre : « Tout devient silencieux », en dit long sur le péril qui pèse sur l’avenir des abeilles menacé par les pesticides, et, par ricochet, sur celui des apiculteurs bio.

    « L’abeille, soulignent les co-réalisateurs dans leur note d’intention, est un chaînon extraordinaire entre le monde végétal et animal, complètement en phase avec le cycle de la vie et véritable témoin de ce possible silence de la nature à venir ».

    80 ruches et 5 emplacements différents

     Selon eux toujours, « immersif et filmé au plus près des insectes, ce film documentaire est une invitation à écouter et ressentir le vivant ».

    Projeté avec succès en clôture des Ateliers d’Angers, mais aussi dans le cadre du film documentaire de Saumur en novembre dernier, ce premier essai dresse en 12 minutes un état des lieux franchement préoccupant, en recueillant les témoignages d’un couple d’apiculteurs de Montigné-les-Rairies, et d’un de leurs collègues, plus jeune, basé à La Ménitré. Pour éviter les zones t rop polluées par les pesticides en Anjou, ce dernier est contraint de déplacer ses 80 ruches dans cinq emplacements différents !

    Depuis plusieurs années en effet, les apiculteurs de France et d’ailleurs sont contraints d’élever des essaims de manière « assistée », pour pallier cette mortalité de l’abeille. Mais comme on l’entend dans le petit film, « on ne tient pas une abeille par la patte et on ne peut pas l’emmener sur la lune ».

    Dès le mois prochain, nos trois documentaristes projettent de faire le voyage jusqu’aux Pyrénées, pour accompagner deux jeunes apiculteurs de l’Anjou lors d’une « transhumance de solidarité ». Cette manifestation nationale viendra en soutien aux apiculteurs pyrénéens, durement touchés par une forte mortalité des insectes (due à l’emploi massif de pesticides), courant 2014.

    Le long-métrage, qui fera intervenir également des scientifiques, posera avant tout la question patrimoniale, à travers ce qu’il faut bien nommer une entreprise d’empoisonnement du territoire français. « Ce qui se dessine en filigrane, conclut notre trio de choc, c’est une réflexion philosophique et documentaire sur le vivant ».

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